Le poisson rouge et bocal

Militant pour aquariophilie saine, quelques détails permettent de penser que garder un poisson rouge dans un trop petit bocal s'apparente à de la torture! Offrez un volume suffisant à votre poisson rouge... 
 
Le cyprinidé qui s’est longtemps appelé cyprin doré a engendré la plus étonnante histoire qui soit en aquariophilie eau douce puisqu’il est l’ancêtre du poisson rouge et de tous les poissons Comètes, Shubukins et autres poissons japonais.

Ayant définitivement rougi vers l’an 1500, en Chine, où il avait vu le jour en tant que characin argenté quelques cinq cents ans plus tôt, l’espèce Carassius auratus a conquis le monde entier. De nos jours, ce sont les élevages italiens de la région de Bologne qui produisent les poissons rouges classiques, et l’Extrême-Orient qui fournit les variétés dont les nageoires (Queue-de-voile), la tête (Tête-de-lion) ou les yeux comme le poisson télescope, ont subi de monstrueuses déformations, jusqu’à leur poser des handicaps importants pour nager. Mais cet animal eucaryote est facilement « modelable » et les lignées divergentes sont terriblement nombreuses.

Le Poisson rouge est classé espèce rustique, convenant parfaitement aux pièces d’eau et aux bassins extérieurs ou intérieurs. Il s’y reproduit facilement à partir de trois ans et peut y vivre jusqu’à vingt-cinq ans tout en atteignant une taille d’environ 40 cm, même si le record poisson rouge est actuellement de l’ordre de 47 cm. Plutôt insensible à pression hydrostatique, il peut être un atout dans des bassins profonds, voir des piscines géantes.
Cet heureux destin de vie en grand bassin n’est, hélas!, que celui d’une minorité de poissons rouges car la plupart doivent se contenter de tourner en rond dans un bocal… Sans compter que de nombreuses images télévisuelles colportent cette idée ahurissante qu’un poisson aussi grand et imposant qu’un poisson rouge peut se contenter de minuscules volumes. Une législation, déjà votée dans quelques pays européens comme l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, etc., doit logiquement interdire ces médiocres conditions de vie pour ce cyprin rouge. Espérons que les lois arrivent rapidement dans les pays francophones afin de limiter considérablement ces pratiques qui considèrent uniquement un animal aquatique comme un simple « objet » de décoration d’intérieur, oubliant totalement que l’animal peut souffrir.
Même si un analogie avec les mammifères, ou pire un être humain, n’est pas idéale dans la théorie : imaginez qu’on vous fasse vivre des années durant dans 10 m² seulement?

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